Général
Connaissez-vous ? Gerald Schroeder
· Romain
Physicien formé au MIT, Gerald L. Schroeder propose de rapprocher les six jours de Genèse des milliards d’années de l’Univers grâce à la relativité.
Gerald L. Schroeder est un physicien israélo-américain connu pour ses travaux cherchant à concilier les découvertes scientifiques modernes avec les enseignements bibliques. Résidant à Jérusalem, il est également auteur et conférencier sur les rapports entre science et foi. Physicien formé au MIT, il a proposé, notamment dans ses ouvrages Genesis and the Big Bang et The Science of God, une lecture selon laquelle les « six jours » de la création seraient compatibles avec les milliards d’années de l’Univers grâce aux effets liés à la relativité et à l’expansion de l’Univers.
Son raisonnement, simplifié, est le suivant : le temps ne s’écoule pas de manière absolue partout dans l’Univers. Schroeder considère donc que les « jours » pourraient être perçus différemment selon le point d’observation et qu’ainsi les six « jours » de Genèse 1 pourraient correspondre à des milliards d’années lorsqu’ils sont considérés depuis notre perspective actuelle.
Cependant, sur le plan scientifique et méthodologique, cette approche pose plusieurs problèmes majeurs :
La relativité générale est une théorie physique testable, tandis que Genèse 1 est un texte théologique ancien. Vouloir établir un lien précis entre les deux dépasse largement le cadre initial du texte biblique comme celui de l’explication scientifique. Pour en savoir plus, lisez notre article Comment lire les premiers récits de la Genèse ? – Première partie. Les travaux scientifiques de Schroeder sont bien réels, mais son application de la relativité aux six jours de Genèse 1 ne constitue pas une interprétation reconnue ou établie dans la littérature scientifique sur la cosmologie. De la même manière, Genèse 1 ne donne aucun indice montrant que son auteur raisonnait selon deux référentiels temporels cosmologiques. La succession des jours, rythmé par la formule « il y eut un soir et il y eut un matin », appartient avant tout à la structure littéraire du récit et conduit au septième jour, celui du repos divin. Pour aller plus loin, vous pouvez lire notre article Comment lire les premiers récits de la Genèse ? – Deuxième partie. La relativité est donc utilisée ici comme un moyen de conciliation entre deux lectures plutôt que comme un outil que l’on pourrait réellement appliquer au texte de Genèse 1. Cela impose certaines limites si l’on souhaite faire correspondre précisément le récit biblique avec la chronologie scientifique de l’Univers.
C’est néanmoins un bon exemple d’une démarche de conciliation entre foi et science, mais aussi des limites méthodologiques qui apparaissent lorsqu’on cherche à faire correspondre trop précisément un texte ancien à une théorie scientifique moderne.