Que représentent les 42 mois et les 1 260 jours dans l’Apocalypse ?

Bible et exégèse · Romain ·

Quarante-deux mois, 1 260 jours, « un temps, des temps et la moitié d’un temps » : pourquoi Daniel et l’Apocalypse emploient-ils trois expressions différentes ? Les Témoins de Jéhovah y voient une période précise allant de 1914 à 1918. Mais cette chronologie correspond-elle réellement à la fonction de ces nombres dans les textes bibliques ?

Dans notre précédent article consacré aux deux bêtes d’Apocalypse 13, nous avons volontairement laissé de côté une expression : la bête reçoit le pouvoir d’agir pendant « quarante-deux mois » (Apocalypse 13:5).

Cette durée apparaît plusieurs fois dans l’Apocalypse, mais sous des formes différentes. La ville sainte est foulée aux pieds pendant quarante-deux mois. Les deux témoins prophétisent durant 1 260 jours. La femme réfugiée au désert y est nourrie pendant 1 260 jours, puis pendant « un temps, des temps et la moitié d’un temps ».

Les Témoins de Jéhovah reconnaissent que ces expressions correspondent à une période de trois ans et demi. Ils appliquent cependant les 1 260 jours à une période précise allant de décembre 1914 à juin 1918, durant laquelle les Étudiants de la Bible auraient prêché « vêtus de sacs » avant l’emprisonnement de plusieurs dirigeants de la Société Watch Tower.

Cette identification découle-t-elle réellement des textes ? Pour le comprendre, il faut revenir au livre de Daniel, où cette durée apparaît pour la première fois, puis observer la manière dont l’Apocalypse la reprend.

1. Trois expressions pour une même durée

Commençons par une précision importante : le nombre « 1 260 » n’apparaît jamais tel quel dans le livre de Daniel. Daniel parle d’« un temps, des temps et la moitié d’un temps » (Daniel 7:25 ; 12:7). C’est l’Apocalypse qui reformule cette durée en quarante-deux mois et en 1 260 jours.

Dans la reprise opérée par l’Apocalypse, un « temps » est compris comme une année, « des temps » comme deux années, et « la moitié d’un temps » comme une demi-année. L’ensemble correspond donc à trois ans et demi.

Le calcul est assez simple. Jean met ainsi en équivalence quarante-deux mois et 1 260 jours, ce qui suppose conventionnellement des mois de trente jours :

42 mois × 30 jours = 1 260 jours.

Les trois expressions renvoient donc à une même durée :

« Un temps, des temps et la moitié d’un temps » = trois ans et demi.

Quarante-deux mois = trois ans et demi.

1 260 jours = trois ans et demi.

Jean réutilise ici une durée conventionnelle immédiatement reconnaissable pour un lecteur familier du livre de Daniel.

2. Le cadre historique de Daniel : la persécution d’Antiochos IV

Dans Daniel 7, une petite corne issue de la quatrième bête s’élève contre Dieu et persécute son peuple :

« Il prononcera des paroles contre le Très-Haut, il opprimera les saints du Très-Haut et il projettera de changer les temps et la loi ; et les saints seront livrés entre ses mains pour un temps, des temps et la moitié d’un temps. » — Daniel 7:25.

La même formule revient à la fin du livre :

« Ce sera pour un temps, des temps et la moitié d’un temps ; et lorsque la force du peuple saint sera entièrement brisée, toutes ces choses prendront fin. » — Daniel 12:7.

La lecture historico-critique majoritaire situe la forme finale des visions de Daniel pendant la crise provoquée par Antiochos IV Épiphane, roi séleucide de 175 à 164 avant notre ère. P. R. Davies, dans The Oxford Bible Commentary, comprend la petite corne de Daniel 7 comme une représentation de ce souverain et les trois temps et demi comme la durée attribuée à sa domination sur les « saints ».

Antiochos intervient brutalement dans les affaires de Jérusalem. D’après le premier livre des Maccabées, il interdit certaines pratiques juives, fait cesser les sacrifices, profane le Temple et cherche à imposer de nouvelles pratiques cultuelles.

Le 15 Kislev 167 avant notre ère, « l’abomination de la désolation » est installée sur l’autel. Le sanctuaire est ensuite repris et consacré de nouveau par Judas Maccabée le 25 Kislev 164 — événement commémoré par la fête de Hanoucca (1 Maccabées 1:54 ; 4:36-59).

La période séparant la profanation du Temple de sa purification dure environ trois ans. La crise dans son ensemble, depuis les premières mesures répressives jusqu’au rétablissement du culte, pouvait être présentée plus largement comme une période d’environ trois ans et demi.

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Tétradrachme d’Antiochos IV Épiphane, roi séleucide de 175 à 164 avant notre ère. À l’avers figure le portrait diadémé du souverain ; au revers, Zeus assis tenant une Victoire. © The Trustees of the British Museum — licence CC BY-NC-SA 4.0.

Daniel utilise lui-même plusieurs chiffres à propos de cette crise : 2 300 « soirs et matins » en Daniel 8:14, une demi-semaine en Daniel 9:27, trois temps et demi en Daniel 7:25 et 12:7, puis 1 290 et 1 335 jours en Daniel 12:11-12. Ces variations montrent que le livre ne cherche pas seulement à fournir une date à calculer. Il affirme surtout que la persécution possède une limite : le pouvoir d’Antiochos paraît écrasant, mais il ne durera pas.

3. Pourquoi trois ans et demi deviennent-ils un symbole ?

Le symbole naît donc d’une crise historique concrète. Des Juifs voient leur culte interdit, leur sanctuaire profané et leur fidélité menacée par un souverain qui paraît tout-puissant.

Daniel répond à cette situation par une vision : l’oppresseur agit pour un temps déterminé, puis le jugement de Dieu met fin à sa domination.

La valeur symbolique du nombre se développe ensuite naturellement. Trois ans et demi représentent la moitié de sept. Or, dans la littérature biblique et particulièrement dans l’Apocalypse, sept évoque fréquemment la totalité et l’accomplissement : sept Églises, sept sceaux, sept trompettes et sept coupes.

James L. Resseguie décrit ainsi les trois ans et demi comme un « sept brisé » : une durée qui n’atteint pas la totalité symbolisée par sept. Craig Koester comprend également cette période comme un temps limité de conflit et d’épreuve. Dans cette lecture symbolique, la moitié de sept souligne donc le caractère incomplet et provisoire de la domination du mal.

Il faut cependant garder le bon ordre de cette évolution. Les trois ans et demi renvoient premièrement à l’épreuve vécue sous Antiochos. C’est parce que cette durée est devenue le modèle biblique d’une persécution limitée qu’elle peut ensuite être reprise et approfondie symboliquement dans l’Apocalypse.

4. Comment l’Apocalypse reprend-elle cette durée ?

Jean emploie cette durée à cinq reprises.

En Apocalypse 11:2, les nations foulent la ville sainte pendant quarante-deux mois :

« Elles fouleront aux pieds la ville sainte pendant quarante-deux mois. »

Au verset suivant, les deux témoins prophétisent pendant 1 260 jours :

« Je ferai prophétiser mes deux témoins pendant 1 260 jours, revêtus de sacs. » — Apocalypse 11:3.

En Apocalypse 12:6, la femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé un lieu :

« Elle y serait nourrie pendant 1 260 jours. »

Quelques versets plus loin, la même scène est racontée autrement :

« C’est là qu’elle doit être nourrie un temps, des temps et la moitié d’un temps, loin de la face du serpent. » — Apocalypse 12:14.

Enfin, en Apocalypse 13:5, la bête reçoit le pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois.

Le lien avec Daniel est évident. La bête d’Apocalypse 13 reprend déjà les traits des quatre bêtes de Daniel 7. Sa durée d’autorité reprend maintenant celle de la petite corne qui persécutait les saints. Richard Bauckham va plus loin en relevant un détail particulièrement intéressant. Dans l’Apocalypse, les quarante-deux mois sont associés au temps pendant lequel les ennemis piétinent et dominent : les nations foulent la ville et la bête exerce son pouvoir.

Les 1 260 jours, eux, correspondent au temps pendant lequel les témoins prophétisent et la femme est nourrie par Dieu. Bauckham formule précisément cette distinction à la page 1296 de son commentaire : les quarante-deux mois représentent la période de la bête, du piétinement et de la domination, tandis que les 1 260 jours représentent la période de l’Église, du témoignage et de la protection.

Il s’agit donc de la même durée, mais vue depuis deux perspectives. Du point de vue de la bête, c’est le temps de la domination. Du point de vue des fidèles, c’est le temps du témoignage et de la protection divine.

Cette observation évite de réduire les 1 260 jours à une simple « durée des persécutions ». L’épreuve est réelle, mais elle n’est pas la seule réalité. Pendant que les nations foulent la ville, les témoins continuent de prophétiser. Pendant que le dragon poursuit la femme, Dieu lui prépare un lieu au désert.

5. Une persécution limitée, mais aussi un temps de témoignage

Le message de cette durée peut être résumé autour de trois idées.

Premièrement, le mal possède un temps limité. La petite corne, les nations et la bête reçoivent une période d’action, mais celle-ci ne leur appartient pas en propre. Dans Apocalypse 13, l’autorité est « donnée » à la bête. Son pouvoir est réel, mais il n’est jamais souverain.

Deuxièmement, la fidélité ne disparaît pas pendant l’épreuve. Les deux témoins prophétisent pendant les mêmes 1 260 jours où la ville est foulée. La communauté croyante ne se contente donc pas de subir : elle continue de rendre témoignage.

Troisièmement, Dieu protège son peuple au cœur même du conflit. La femme n’est pas nécessairement soustraite à toute souffrance, puisque le dragon fait la guerre au reste de sa descendance. Pourtant, elle est nourrie au désert. L’image exprime une préservation spirituelle : le dragon peut attaquer, mais il ne peut détruire ce que Dieu protège.

La durée de trois ans et demi est donc porteuse d’espérance. Elle ne minimise pas la violence de la persécution ; elle lui refuse simplement le dernier mot.

6. Les 1 260 jours annonçaient-ils la période de 1914 à 1918 ?

Dans La Tour de Garde du 1er novembre 1993, l’organisation des Témoins de Jéhovah rapproche Daniel 7:25, Daniel 12:7 et Apocalypse 11:3-6.

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Joseph F. Rutherford, président de la Watch Tower Society, représenté devant une Bible ouverte.

Elle affirme que les Étudiants de la Bible ont prêché « vêtus de sacs » pendant 1 260 jours à partir de décembre 1914. La condamnation de Joseph Rutherford et d’autres responsables de la Société Watch Tower, en juin 1918, marquerait la fin de cette période et la mise à mort symbolique des deux témoins. La publication présente explicitement la période comme allant de décembre 1914 à juin 1918.

Il faut d’abord reconnaître un point juste : l’article voit correctement le lien entre les trois temps et demi de Daniel et les 1 260 jours de l’Apocalypse.

La difficulté commence avec l’identification historique précise.

Dans Daniel, la période s’inscrit dans la persécution d’Antiochos IV et dans la profanation du sanctuaire. Dans l’Apocalypse, Jean reprend cette durée pour décrire le conflit entre la bête, le dragon et le peuple de Dieu. Aucun élément du texte ne mentionne les Étudiants de la Bible, une organisation religieuse moderne, décembre 1914 ou l’emprisonnement de ses dirigeants.

Ces dates sont obtenues à partir d’un cadre doctrinal déjà établi : 1914 doit marquer le commencement du « temps de la fin », puis les événements internes de la Watch Tower sont placés à l’intérieur des images d’Apocalypse 11.

Une méthode qui n’est pas propre aux Témoins de Jéhovah

Il faut toutefois élargir la focale. Cette manière de faire correspondre les durées de Daniel et de l’Apocalypse à des périodes précises de l’histoire moderne n’a pas été inventée par les Témoins de Jéhovah.

Elle appartient à une tradition d’interprétation appelée historicisme, selon laquelle les visions de Daniel et de l’Apocalypse décrivent une succession continue d’événements allant de l’époque biblique jusqu’au temps de l’interprète.

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William Miller prêchant l’imminence du retour du Christ. Reconstitution artistique de Harry Anderson, réalisée au XXᵉ siècle. Miller appliquait une lecture historiciste aux prophéties de Daniel et cherchait à situer leur accomplissement dans l’histoire contemporaine.

Cette méthode était déjà présente dans plusieurs courants protestants, mais elle a pris une importance particulière au XIXᵉ siècle dans les mouvements millénaristes et adventistes. William Miller, dont le mouvement est à l’origine de plusieurs courants adventistes, utilisait une lecture historiciste et des calculs prophétiques pour situer l’accomplissement des visions bibliques dans l’histoire contemporaine.

L’historien Jeff Crocombe montre que la méthode de Miller n’était pas entièrement nouvelle : elle reprenait des pratiques exégétiques courantes dans l’Amérique protestante du XIXᵉ siècle. Il souligne également l’influence durable de cette lecture sur l’adventisme, mais aussi, plus largement, sur d’autres mouvements issus de cette culture prophétique, parmi lesquels les Témoins de Jéhovah.

Les adventistes du septième jour appliquent généralement le principe « un jour pour une année » et comprennent ainsi les 1 260 jours comme 1 260 années, traditionnellement situées entre 538 et 1798. Les Témoins de Jéhovah ne retiennent pas ici le même calcul : ils comprennent cette période comme 1 260 jours littéraux entre 1914 et 1918. La durée et les événements identifiés sont donc différents, mais la démarche générale reste comparable : chercher derrière une durée apocalyptique une chronologie moderne précise.

La critique ne porte donc pas uniquement sur les Témoins de Jéhovah. Elle concerne une méthode interprétative plus large : le passage d’un symbole situé dans son contexte littéraire et historique à un calendrier moderne qui n’est pas explicitement indiqué par le texte.

Une chronologie qui a changé

La chronologie proposée par la Watch Tower a d’ailleurs été présentée différemment selon les publications. En 1951, La Tour de Garde situait les 1 260 jours approximativement entre le 1ᵉʳ octobre 1914 et le 1ᵉʳ avril 1918. En 1993, elle les fait commencer en décembre 1914 et les terminer en juin 1918.

Ce déplacement de deux mois ne change pas la durée totale recherchée, mais il montre que ses limites ne sont pas directement imposées par le texte biblique. Elles sont ajustées en fonction des événements historiques que l’on souhaite faire correspondre à la prophétie.

Une autre difficulté tient à l’usage même de cette durée dans l’Apocalypse. Les 1 260 jours ne décrivent pas un seul événement isolé. Ils encadrent à la fois la prédication des témoins, la protection de la femme, le piétinement de la ville et l’autorité de la bête. L’interprétation proposée par les Témoins de Jéhovah constitue donc une application doctrinale particulière. Elle ne correspond pas au premier sens historique de Daniel ni à la fonction littéraire des 1 260 jours dans l’Apocalypse.

7. Premier niveau et deuxième niveau : que signifie cette durée pour nous aujourd’hui ?

Comme dans notre étude d’Apocalypse 13, il est utile de distinguer deux niveaux de lecture.

Premier niveau : le sens historique et littéraire

Au premier niveau, il faut chercher ce que ces images signifiaient dans les contextes où elles ont été produites.

Dans Daniel, les trois temps et demi se comprennent d’abord à partir de la persécution d’Antiochos IV, de la profanation du Temple et de la crise vécue par la communauté juive au IIᵉ siècle avant notre ère. Dans l’Apocalypse, Jean reprend ce langage pour des communautés chrétiennes vivant sous la domination de Rome. Les trois ans et demi deviennent le temps du conflit entre la bête et les fidèles : temps de domination pour les puissances, mais aussi temps de témoignage et de protection pour le peuple de Dieu.

Ce premier niveau empêche de détacher les symboles de leur contexte et de les appliquer directement à une organisation moderne.

Deuxième niveau : l’application théologique

Le deuxième niveau concerne la portée théologique du symbole pour les générations suivantes.

Daniel et l’Apocalypse ne parlent pas directement de toutes les persécutions futures. Pourtant, le principe qu’ils expriment demeure actuel : les puissances oppressives se présentent comme invincibles, mais leur domination reste limitée. Le peuple de Dieu peut être frappé, marginalisé ou apparemment vaincu, mais son témoignage n’est pas annulé.

Cette application ne consiste pas à annoncer qu’un événement moderne constitue l’unique ou le véritable accomplissement des 1 260 jours. Elle consiste à reconnaître dans des situations nouvelles la même logique théologique : le mal agit réellement, mais il ne possède ni la souveraineté ni l’éternité.

La persécution paraît interminable, mais elle ne l’est pas. Le pouvoir oppresseur paraît absolu, mais son autorité est limitée. Le peuple de Dieu paraît vaincu, mais il continue de témoigner et demeure gardé par Dieu. Les trois ans et demi disent finalement que l’histoire n’appartient pas à la bête. Le mal dispose d’un temps, jamais de l’éternité.

À retenir

Les expressions « un temps, des temps et la moitié d’un temps », quarante-deux mois et 1 260 jours correspondent à une même durée de trois ans et demi.

Dans Daniel, cette durée renvoie d’abord à la persécution menée par Antiochos IV Épiphane au IIᵉ siècle avant notre ère. Elle affirme que la domination de l’oppresseur est temporaire et soumise au jugement de Dieu. L’Apocalypse reprend ce symbole pour parler du conflit entre la bête et les fidèles. Les quarante-deux mois décrivent la domination et le piétinement ; les 1 260 jours décrivent aussi le témoignage et la protection.

La symbolique de la « moitié de sept » renforce cette idée, où justement le mal peut agir avec violence, mais son temps reste incomplet, brisé et limité. Au premier niveau, le symbole doit être compris dans les contextes d’Antiochos IV et de l’Empire romain. Au deuxième niveau, il continue d’affirmer à chaque génération que l’épreuve est mesurée, que la fidélité reste possible et que le mal n’aura pas le dernier mot.

Conclusion

Les 1 260 jours appartiennent à un langage d’espérance né dans la persécution. Sous Antiochos IV, les trois ans et demi annonçaient que la profanation du sanctuaire prendrait fin. Dans l’Apocalypse, la même durée rappelle que la bête ne règne que pour un temps. Tandis qu’elle persécute, les témoins prophétisent. Tandis que le dragon poursuit la femme, Dieu la nourrit au désert.

C’est peut-être là l’aspect le plus encourageant de ce symbole : Dieu ne promet pas que l’épreuve n’existera pas, mais il affirme qu’elle possède une limite. Aucun empire, aucun persécuteur et aucune bête ne reçoit l’éternité.

Cette conclusion éclaire directement notre précédent article consacré aux deux bêtes d’Apocalypse 13. Lorsque la première bête reçoit l’autorité d’agir pendant quarante-deux mois, le texte ne fournit pas une date permettant de l’identifier à une puissance politique moderne. Il place son règne dans la durée symbolique héritée de Daniel : une domination violente, mais mesurée et condamnée à prendre fin.

Sources

Publications des Témoins de Jéhovah

  • « Les jours prophétiques annoncés par Daniel, et notre foi », La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah, 1er novembre 1993, p. 7-12, particulièrement §§ 9-14.

  • « Un temps, des temps et la moitié d’un temps », La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah, 1er novembre 1951, p. 329-332.

Sources anciennes et bibliques

  • 1 Maccabées 1:41-64 ; 4:36-59.

  • Daniel 7:25 ; 8:14 ; 9:27 ; 12:7, 11-12.

  • Apocalypse 11:2-3 ; 12:6, 14 ; 13:5.

Études

  • P. R. Davies, « Daniel », dans John Barton et John Muddiman (dir.), The Oxford Bible Commentary, Oxford, Oxford University Press, 2001, p. 563-570.

  • Richard Bauckham, « Revelation », dans John Barton et John Muddiman (dir.), The Oxford Bible Commentary, Oxford, Oxford University Press, 2001, p. 1287-1306, particulièrement p. 1296-1297.

  • Craig R. Koester, Revelation: A New Translation with Introduction and Commentary, Anchor Yale Bible 38A, New Haven, Yale University Press, 2014, particulièrement p. 497-498.

  • James L. Resseguie, « Narrative Features of the Book of Revelation », dans Craig R. Koester (dir.), The Oxford Handbook of the Book of Revelation, Oxford, Oxford University Press, 2020, p. 37-52, particulièrement p. 45-46.

  • Jeff Crocombe, “A Feast of Reason”: The Roots of William Miller’s Biblical Interpretation and Its Influence on the Seventh-day Adventist Church, thèse de doctorat, University of Queensland, 2011, particulièrement p. 2 et 205-207.

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