La résurrection : quand et comment selon Paul ? — Deuxième partie

Bible et exégèse · Romain ·

Les Témoins de Jéhovah utilisent parfois 1 Corinthiens 15 pour distinguer l’espérance céleste des chrétiens oints et l’espérance terrestre des autres croyants. Mais Paul parle-t-il vraiment de deux espérances ?

Dans l’article précédent, nous avons examiné 1 Thessaloniciens 4:13-18. Paul répondait à une inquiétude très concrète : que va-t-il arriver aux croyants morts avant la venue du Seigneur ?

Nous avons vu que ce passage ne décrivait pas une résurrection invisible déjà commencée. Paul cherche d’abord à consoler une communauté endeuillée : les morts en Christ ne seront pas oubliés, les vivants ne les précéderont pas, et tous seront réunis avec le Seigneur lors de sa venue (parousia).

Mais cette première réponse en appelle une autre. Si les morts ressuscitent, comment ressuscitent-ils ? Avec quel corps ? Seront-ils encore humains ? Leur corps sera-t-il abandonné, remplacé, ou spiritualisé au point de devenir immatériel ? C’est précisément à ces questions que Paul répond en 1 Corinthiens 15.

Ce chapitre est probablement le texte le plus important du Nouveau Testament sur la résurrection. Paul y explique non seulement que les morts ressusciteront, mais aussi quel type de transformation aura lieu.

C’est pour cette raison qu’il faut le lire avec attention, surtout lorsqu’il est utilisé pour défendre l’idée que certains croyants seraient ressuscités au ciel sous forme d’esprits, tandis que d’autres auraient une espérance terrestre.

Le verset le plus souvent cité dans ce débat est 1 Corinthiens 15:50 :

« La chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu. »

À première vue, cette phrase peut donner l’impression que Paul rejette le corps humain. Mais est-ce vraiment ce qu’il veut dire ? Enseigne-t-il que le corps doit être abandonné ? Ou explique-t-il plutôt que notre condition actuelle, mortelle et corruptible, doit être transformée ?

Pour répondre correctement, il faut suivre le raisonnement de Paul dans l’ensemble du chapitre.

1. Le problème à Corinthe : certains nient la résurrection des morts

L'épître aux Corinthiens est écrite quelques années après celle adressée à l'assemblée de Thessalonique, vers l'an 55. Paul commence par rappeler l’annonce fondamentale de l’Évangile :

« Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, il a été enseveli, il s’est réveillé le troisième jour selon les Écritures. » — 1 Corinthiens 15:3-4.

Pour Paul, tout part de là : Jésus est mort, il a été enseveli, et Dieu l’a relevé d’entre les morts. La résurrection de Jésus n’est donc pas un détail secondaire de la foi chrétienne ; elle est au centre même de l’annonce apostolique. On peut même dire qu'elle en est le fondement.

Or, à Corinthe, un problème commençait à apparaître. Certains croyants semblent accepter que Christ soit ressuscité, tout en niant la résurrection future des morts. Paul leur pose alors une question directe :

« Or, si l’on proclame que Christ s’est réveillé d’entre les morts, comment quelques-uns parmi vous peuvent-ils dire qu’il n’y a pas de résurrection

des morts ? » — 1 Corinthiens 15:12.

Voilà le vrai sujet du chapitre. Paul ne répond pas à des gens qui demandent : “Qui ira au ciel et qui restera sur terre ?”. Il répond à des croyants qui ont du mal à croire à la résurrection des morts.

Dans le monde gréco-romain, l’idée que l’âme puisse survivre après la mort était assez répandue dans certains milieux. Mais l’idée d’une résurrection corporelle pouvait sembler étrange, voire absurde. Beaucoup pouvaient imaginer que l’âme pouvait survivre dans une conception dualiste corps/âme, probablement influencée par la philosophie platonicienne.

Certains exégètes pensent aussi que le problème pouvait venir d’une forme de spiritualisme chrétien réalisé : certains croyants pensaient peut-être être déjà entrés dans une condition spirituelle suffisante, sans attendre une résurrection future (1 Corinthiens 4:8).

C’est probablement ce type de difficulté que Paul affronte à Corinthe et doit corriger.

Sa réponse est donc très forte : il affirme que l’espérance chrétienne n’est pas seulement que quelque chose de nous survive après la mort, ce n'est pas le but final. L’espérance chrétienne, c’est la résurrection. Et cette résurrection concerne tout l’être humain. Dès lors, ce passage concerne tous les croyants en Christ quels qu'ils soient.

Pour une brève présentation de la première épître aux Corinthiens, nous vous invitons à regarder cette vidéo de la chaîne BibleProject :

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2. Christ, prémices de ceux qui sont morts

Paul poursuit en affirmant :

« Mais maintenant, Christ s’est réveillé d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis. » — 1 Corinthiens 15:20.

Le mot “prémices” est important (voir les deux articles L’espérance chrétienne : la vie éternelle est elle sur terre ou au ciel ? Première partie et Deuxième partie). Les prémices sont le début d’une récolte. Elles annoncent ce qui va suivre. Autrement dit, la résurrection de Jésus n’est pas un événement isolé. Elle inaugure la résurrection future de ceux qui lui appartiennent, de tous les croyants sans distinction.

Paul précise ensuite l’ordre des événements :

« Chacun en son rang : Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent au Christ, lors de sa venue. » — 1 Corinthiens 15:23.

Cette phrase est décisive. Paul ne dit pas : “Christ d’abord, puis une petite catégorie de croyants célestes, puis une autre catégorie de croyants terrestres.” Il dit : « ceux qui appartiennent au Christ ». La catégorisation que fait Paul est simple, appartenir ou non au Christ. C’est cela qui détermine la participation à la résurrection.

La question rejoint donc les propos de nos articles précédents : si quelqu’un se considère chrétien, s’il appartient au Christ, pourquoi alors l’exclure d'une certaine manière de ce que Paul dit ici dans ce chapitre ? Au contraire Paul ne semble pas distinguer deux espérances différentes, mais parle d'une seule espérance, celle d'une résurrection à venir, de ceux qui appartiennent au Christ, au moment de sa venue.

Maintenant il faut bien évidemment comprendre le vocabulaire que Paul utilise et ce qu'il cherche à expliquer précisément.

D'abord, le lien avec 1 Thessaloniciens 4 est évident. Dans les deux textes, Paul parle de la venue du Christ, des morts, des vivants et de la résurrection. Si vous n'avez pas eu l'occasion de lire cet article, nous vous invitons à le faire avant de poursuivre votre lecture, c'est indispensable.

En tout cas, il ressort de ces deux passages qu'à aucun moment Paul ne fait une distinction entre deux groupes de croyants. Il parle d’un seul peuple appartenant au Christ et faisant partie de la Nouvelle Alliance, c'est essentiel à comprendre pour la suite.

3. D'abord : “avec quel corps reviennent-ils ?”

Après avoir défendu la réalité de la résurrection, Paul anticipe une objection :

« Mais quelqu’un dira : Comment les morts se réveillent-ils ? Avec quel corps reviennent-ils ? » — 1 Corinthiens 15:35.

Cette question est centrale. Paul ne répond pas : “Leur corps est abandonné et ils deviennent des êtres immatériels" ou spirituels au sens où l'entend l'Organisation. Au contraire, il répond en parlant d’un corps transformé. Son image principale est celle de la semence ou d'une plante :

« Ce que tu sèmes ne prend pas vie s’il ne meurt. Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps qui sera, mais un simple grain. » — 1 Corinthiens 15:36-37.

L’image est simple. Quand on met une graine en terre, ce qui pousse n’est pas identique à la graine. Il y a une transformation réelle. Mais ce qui pousse n’est pas non plus sans rapport avec ce qui a été semé. Il y a à la fois une continuité et une transformation.

Paul ne parle pas d’un corps immatériel. Le ‘corps spirituel’ est un corps réel, mais transformé, glorifié, adapté à la vie éternelle.

C’est exactement ce que Paul veut dire de la résurrection. Le corps ressuscité n’est pas simplement notre corps actuel prolongé indéfiniment. Il est transformé. Il devient incorruptible, glorieux, puissant, animé par l’Esprit. Mais il reste un corps, il ne devient pas un corps composé d’esprit.

Si Paul avait voulu dire que le corps ressuscité devient un esprit immatériel, l’expression “corps spirituel” serait presque contradictoire.

James P. Ware résume bien ce point : chez Paul, le sujet de la transformation reste « le corps périssable ». Autrement dit, Paul ne décrit pas le remplacement du corps par autre chose, mais la transformation du corps mortel en corps impérissable.

C’est là que beaucoup de lectures se trompent. Paul n’oppose pas le corps et l’absence de corps. Il oppose le corps actuel, marqué par la mortalité, au corps ressuscité, rendu incorruptible par Dieu.

4. Corps naturel et corps spirituel : que veut dire Paul ?

Paul écrit ensuite :

« On sème corruptible, il ressuscite incorruptible ; on sème méprisable, il ressuscite glorieux ; on sème faible, il ressuscite puissant ; on sème corps naturel, il ressuscite corps spirituel. » — 1 Corinthiens 15:42-44.

C’est probablement le passage le plus important du chapitre, le coeur même de tout son discours. Paul parle bien d’un corps. Le mot grec est sōma, qui signifie “corps”. Il ne dit pas : “on sème un corps, il ressuscite un esprit.” Il dit : “on sème corps naturel, il ressuscite corps spirituel.”

Lexique

“Corps naturel” : le grec est sōma psychikon, non “corps physique”. La traduction possible est "corps animé par la vie psychique/naturelle, propre à l’âge présent."

“Corps spirituel” : sōma pneumatikon, corps animé par l’Esprit, propre à l’âge de la résurrection.

La difficulté vient de l’expression “corps spirituel”. Pour beaucoup de lecteurs modernes, y compris les Témoins de Jéhovah, le mot employé ici : “spirituel” veut dire “immatériel”, “non physique”, “sans corps”. Mais ce n’est pas ainsi que Paul utilise ce mot.

L'enjeu ici est d'éviter de lire le texte avec nos perceptions modernes ou lui imposer une grille de lecture mais au contraire laisser le texte construire sa propre logique. Il est cependant intéressant de noter qu'un article de la Tour de Garde du Ier juillet 1998, expliquait en ces termes :

En posant cette question [quel genre de corps ?], Paul avait peut-être l’intention de contrer l’influence de la philosophie platonicienne. Platon enseignait que l’homme possède une âme immortelle qui survit à la mort du corps. Pour ceux qui avaient été élevés avec une telle conception, l’enseignement chrétien semblait sans aucun doute superflu. [...] Le bibliste Heinrich Meyer explique que les réticences de certains Corinthiens reposaient peut-être sur “ le principe philosophique que la restauration de la matière du corps est impossible ”.

— La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah, 1er juillet 1998, “ La mort sera réduite à rien ”, §3.

Dans ce cas, Paul traite-t-il ici de deux résurrections distinctes ? Non, le texte ne le dit pas, au contraire il évoque ce que sera véritablement la résurrection pour tous les croyants, sans distinction. Mais ce qui semble poser problème dans l'interprétation des Témoins de Jéhovah, c'est lorsque Paul parle de corps ressuscité "spirituel". Qu'entend-il exactement par là ?

Le mot grec est pneumatikos. Il ne signifie pas forcément “fait d’esprit” ou littéralement “composé de pneuma”. Il signifie plutôt : animé par l’Esprit, appartenant à l’ordre de l’Esprit, déterminé par l’action de Dieu. On le voit très bien ailleurs chez Paul.

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Moïse frappant le rocher "spirituel" dont Paul fait référence en 1 Corinthiens 10:4 (Exode 17:5 ; Nombre 20:7-11).

Notez par exemple qu'en 1 Corinthiens 10:3-4, il parle d’une “nourriture spirituelle” et d’un “rocher spirituel”. Cela ne veut pas dire que la nourriture ou le rocher étaient immatériels ou le sont devenus. Cela veut dire qu’ils étaient liés à l’action divine, à l’ordre de l’Esprit.

De la même manière, un “corps spirituel” n’est pas un corps fait d’une matière fantomatique. C’est un corps transformé et animé par l’Esprit de Dieu.

N. T. Wright formule très bien cette nuance : chez Paul, les adjectifs de ce type ne portent pas d’abord sur la “substance” du corps, mais sur la force qui l’anime.

Le corps naturel actuel est animé par la vie humaine actuelle, fragile, mortelle, héritée d’Adam. Le corps spirituel est animé par l’Esprit de Dieu, rendu incorruptible, adapté à la vie de la nouvelle création.

Ce qui est problématique chez les Témoins de Jéhovah, c'est qu'ils font une distinction que le Nouveau Testament ne fait pas concernant la vie éternelle acquise par les croyants et l'immortalité donnée par Dieu par ceux qui appartiennent à Christ. Je cite par exemple la Tour de Garde, d'août 2009, qui explique :

La perspective de voir aussi les ressuscités dans la fraîcheur de la jeunesse inonde de joie le cœur des humains fidèles. Toutefois, nous ne pourrons obtenir la récompense — c’est-à-dire l’immortalité au ciel pour les chrétiens oints ou la vie éternelle sur la terre pour les “ autres brebis ” [...].

La Tour de Garde, 1er août 2009, La vie éternelle sur la terre : une espérance qui vient de Dieu, §13.

Sauf que le Nouveau Testament, nous l’avons examiné, ne parle jamais d’une immortalité au ciel et d’une vie éternelle sur terre. Et c’est même plus problématique que cela, car au lieu de désigner simplement la même réalité, leur interprétation introduit une doctrine qui n’a aucun sens logique.

Simplement : si les membres de la grande foule, comme ils les appellent, n’ont pas l’immortalité, alors ils peuvent encore mourir ; et, par définition, ils sont donc mortels.

La question est donc simple : si les “autres brebis” ont la vie éternelle mais ne sont pas immortelles, alors que restent-elles ? Mortelles ? Et si elles restent mortelles, en quel sens leur vie est-elle éternelle ?

Si une vie peut encore finir, elle n’est pas pleinement éternelle ; si elle ne peut plus finir, elle est immortelle au sens simple du mot. Or, si la mort est définitivement réduite à rien et qu’elle a disparu, le monde d’alors ne sera plus soumis à la mort. Les humains vivant sur terre seront donc nécessairement immortels au sens où ils ne pourront plus mourir (Apocalypse 20:14 ; 21:4).

Cela dit l’immortalité est reçue comme don de Dieu, et elle n'est pas possédée naturellement.

« La mort a été engloutie dans la victoire. Mort, où est ta victoire ? Mort, où est ton aiguillon ? » — 1 Corinthiens 15:54-55, NBS.

Ils sont donc obligés de maintenir cette explication, parce que si la grande foule reçoit elle aussi l’immortalité, alors l’un des grands marqueurs de différence entre les oints et les autres brebis s’effondre.

Deuxièmement — ce n’est pas l’objet de cet article, nous l’aborderons plus tard — l’intérêt tient aussi à la préservation de leur scénario du Millénium. En effet, pour eux, les humains sur terre ne reçoivent pas automatiquement la vie éternelle : ils doivent encore passer par une épreuve finale après les mille ans, lorsque Satan est relâché.

Hormis le fait que cette interprétation ne repose sur aucune base exégétique solide, elle s’appuie au mieux sur des déductions ou des analogies qui ne viennent pas du texte biblique lui-même, mais qui sont construites par l’Organisation pour faire fonctionner son modèle : où le passage parle-t-il d'une résurrection progressive ? Où le texte fait-il une distinction entre vie éternelle terrestre et immortalité céleste ?

Ces éléments d’Apocalypse 20 seront abordés dans un prochain article. Disons simplement que le modèle proposé par les publications de l’Organisation ne découle pas naturellement du texte, et qu’il devient difficile de le maintenir sans ajouter des éléments qui ne s’y trouvent pas.

De plus, Paul reprend ici deux passages de l'Ancien Testament :

  1. Isaïe 25:8 : Dieu engloutira la mort pour toujours.

  2. Osée 13:14 : “Mort, où sont tes fléaux ? Shéol, où est ta destruction ?”

Remarquez quelle est la suite du passage d'Isaïe 25 :

' il anéantira la mort pour toujours ; le Seigneur Dieu essuiera les larmes de tous les visages ; il fera disparaître de toute la terre le déshonneur de son peuple – c'est le Seigneur qui parle. ' — Isaïe 25:8

Ce même passage d'Isaïe 25:8 est également repris dans l'Apocalypse 21:4, verset très connu par les Témoins de Jéhovah. Donc ici lorsque Paul affirme que “la mort a été engloutie dans la victoire”, il reprend l’espérance d’Isaïe 25:8, où Dieu promet de faire disparaître la mort pour toujours.

Retenons donc que Paul, en 1 Corinthiens 15, ne parle pas d’un changement de nature humaine en nature angélique, immatérielle ou céleste. Il parle d’une transformation de l’humanité par la puissance de Dieu.

Il oppose deux humanités : l’humanité adamique, terrestre, mortelle, et l’humanité christique, céleste, ressuscitée, animée par l’Esprit. Porter l’image du céleste signifie être conformé au Christ ressuscité, non devenir un esprit immatériel vivant dans un monde séparé.

5. “La chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu”

Venons maintenant au verset souvent cité :

« Ce que je dis, frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, ni la corruption hériter de l’incorruptibilité. » — 1 Corinthiens 15:50.

À ce propos, la Tour de Garde de décembre 2020 disait :

« Jésus n’a pas été ressuscité avec un corps humain. Pourquoi ? Paul l’a expliqué alors qu’il était sur le point de conclure son examen de l’espérance de la résurrection. Il a dit : « La chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu », qui est au ciel (1 Cor. 15:50). Les apôtres et les autres chrétiens oints ne seraient donc pas ressuscités au ciel avec des corps de chair et de sang, qui sont périssables. »

La Tour de Garde, 1er décembre 2020, « Comment les morts doivent-​ils être ressuscités ? », §12.

Le problème n’est pas le corps en tant que tel. Le problème, c’est la condition actuelle de l’être humain : fragile, mortelle, corruptible. “Chair et sang” désigne ici l’humanité dans sa condition présente, marquée par la faiblesse et la mortalité. Cette condition ne peut pas hériter du Royaume de Dieu telle quelle quand le Royaume de Dieu se manifestera pleinement, lorsque Jésus reviendra.

C’est précisément pour cela qu’il faut une transformation. Paul le dit immédiatement après :

« Nous ne nous endormirons pas tous dans la mort, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. Car la trompette sonnera, les morts se réveilleront impérissables, et nous, nous serons changés. » — 1 Corinthiens 15:51-52.

Puis il ajoute :

« Il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité. » — 1 Corinthiens 15:53.

Cette phrase est capitale. Paul ne dit pas : “il faut que ce corps disparaisse.” Il ne dit pas : “il faut que ce corps soit remplacé par un esprit.” Il dit que ce corps corruptible doit revêtir l’incorruptibilité, et que ce corps mortel doit revêtir l’immortalité.

Le sujet reste ce corps. Ce qui change, c’est sa condition. Il était corruptible, il devient incorruptible. Il était mortel, il devient immortel. Il était faible, il devient puissant. Il était humilié, il devient glorieux.

Donc 1 Corinthiens 15:50 ne signifie pas : “les croyants doivent devenir des esprits célestes non humains.” Il signifie plutôt : “notre condition humaine actuelle, mortelle et corruptible, ne peut pas entrer telle quelle dans le Royaume de Dieu.”

Voilà pourquoi Paul parle de transformation.

6. “Tous nous serons changés”

Il faut aussi prêter attention à cette phrase :

« Tous nous serons changés. » — 1 Corinthiens 15:51.

Paul ne dit pas : “certains seront changés.” Il ne dit pas : “une classe céleste sera changée, tandis qu’une autre classe restera simplement humaine.” Il parle des croyants comme d’un seul groupe concerné par la résurrection et la transformation finale.

Bien sûr, dans le contexte immédiat, Paul parle à des croyants du Ier siècle. Il ne dit pas que tous les humains sans distinction hériteront du Royaume. Mais il ne crée pas non plus deux catégories de chrétiens : l’une transformée pour le ciel, l’autre non.

Le verset 23 avait déjà donné la catégorie fondamentale : « ceux qui appartiennent au Christ ». Voilà le point central. Ceux qui appartiennent au Christ participent à sa victoire sur la mort. Et cette victoire implique la transformation du corps.

Le fait que 1 Corinthiens 15:50 s’applique aux croyants ne signifie donc pas que tous deviennent “célestes” au sens où ils cesseraient d’être humains ou corporels. Cela signifie que tous ceux qui héritent du Royaume doivent être transformés, parce que la condition mortelle actuelle ne peut pas entrer telle quelle dans l’ordre définitif de Dieu.

Le Royaume de Dieu n’est pas hérité par l’humain fragile et corruptible tel qu’il est maintenant. Il est hérité par l’humain relevé, transformé, rendu incorruptible par Dieu.

7. Le corps ressuscité de Jésus comme modèle

Paul ne parle jamais de la résurrection de manière abstraite. Pour lui, tout part de Jésus. Christ est les prémices. Sa résurrection inaugure ce qui arrivera à ceux qui lui appartiennent. C’est pourquoi Paul peut écrire ailleurs :

« Notre citoyenneté est dans les cieux ; de là nous attendons comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps humilié pour le rendre conforme à son corps glorieux. » — Philippiens 3:20-21.

Là encore, Paul parle de transformation du corps. Il ne dit pas que le corps humilié sera abandonné. Il dit qu’il sera transformé pour devenir conforme au corps glorieux du Christ.

La même idée apparaît en Romains 8 :

« Si l’Esprit de celui qui a relevé Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a relevé Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. »
— Romains 8:11.

Encore une fois, le sujet est clair : Dieu donnera vie à nos corps mortels. Paul ne dit pas que le salut consiste à quitter le corps. Il dit que l’Esprit donnera vie au corps mortel.

Quelques versets plus loin, il parle de l’attente de la création, de la révélation des fils de Dieu et de la rédemption de notre corps :

« Nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous gémissons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. » — Romains 8:23.

La cohérence de Paul est forte. 1 Corinthiens 15 parle du corps transformé. Philippiens 3 parle du corps humilié rendu conforme au corps glorieux du Christ. Romains 8 parle de nos corps mortels vivifiés par l’Esprit et de la rédemption de notre corps.

Le vocabulaire change, mais l’idée reste la même : l’espérance chrétienne n’est pas l’abandon de l’humanité corporelle. C’est sa transformation.

8. “Le dernier Adam est devenu esprit vivifiant”

Un autre verset peut poser difficulté :

« Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant. »— 1 Corinthiens 15:45.

Certains pourraient dire : Paul affirme bien que Christ est devenu un esprit. Mais là encore, il faut regarder le contexte. Paul oppose Adam et Christ. Adam représente l’humanité actuelle, mortelle, terrestre. Christ représente l’humanité nouvelle, ressuscitée, vivifiée par l’Esprit.

Dire que le dernier Adam est devenu “esprit vivifiant” ne signifie pas que Jésus serait devenu un être immatériel sans corps. Cela signifie que le Christ ressuscité est désormais celui qui communique la vie de l’Esprit.

Paul pense ici en termes de puissance de vie. Adam transmet une vie mortelle. Christ communique une vie incorruptible. La question n’est donc pas : “Jésus est-il devenu un esprit sans corps ?” La question est plutôt : “quelle vie le Christ ressuscité donne-t-il à ceux qui lui appartiennent ?”

Et la réponse de Paul est la suivante : une vie animée par l’Esprit, plus forte que la mort.

9. 1 Pierre 3:18 annule-t-il cette lecture ?

Même si notre article porte surtout sur Paul, il faut dire un mot de 1 Pierre 3:18, parce que ce texte est parfois utilisé pour dire que Jésus aurait été ressuscité comme pur esprit.

Le texte dit que Christ a été : « mis à mort quant à la chair, mais rendu vivant quant à l’Esprit. »

Ce passage est difficile, et il a donné lieu à plusieurs interprétations. Mais il ne faut pas lui faire dire plus qu’il ne dit. Le contraste ne porte pas nécessairement sur deux substances : d’un côté un corps matériel abandonné, de l’autre un esprit immatériel. Il peut très bien désigner le passage de la condition mortelle de Jésus à sa vie ressuscitée dans la puissance de l’Esprit.

« Le contraste ne porte pas sur deux “substances” (corps contre esprit), mais sur deux manières d’exister : avant et après la résurrection. » — Wayne Grudem (Tyndale Commentary on 1 Peter, 1988)

Autrement dit, Jésus est mort dans la condition humaine mortelle ; il a été rendu vivant dans l’ordre nouveau de l’Esprit. Cette lecture correspond très bien à 1 Corinthiens 15.

Le corps ressuscité n’est pas un corps ordinaire revenu simplement à la vie biologique. C’est un corps glorifié, incorruptible, transformé par la puissance de Dieu.

Le Nouveau Testament ne présente pas Jésus ressuscité comme un simple fantôme. La tradition évangélique insiste au contraire sur la continuité entre le Crucifié et le Ressuscité. Luc fait dire à Jésus :

« Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi. Touchez-moi et voyez : un esprit n’a ni chair ni os comme vous voyez que j’ai. » — Luc 24:39.

La résurrection de Jésus n’est donc pas une simple survie spirituelle. C’est la victoire de Dieu sur la mort. Et pour Paul, cette victoire annonce la résurrection future des croyants.

10. Peut-on voir Dieu ?

Une autre objection revient souvent. Exode 33:20 dit : « L’homme ne peut me voir et vivre. »

Et 1 Timothée 6:16 dit que Dieu habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir. Comment alors comprendre Apocalypse 22:4, qui dit des serviteurs de Dieu : « Ils verront son visage » ?

La réponse tient à la transformation. Exode 33:20 et 1 Timothée 6:16 parlent de l’être humain dans sa condition actuelle, mortelle, limitée, incapable de supporter pleinement la présence divine. Apocalypse 22:4, lui, parle de l’humanité rachetée dans la nouvelle création.

Ce n’est pas la même condition.

Paul dirait : ce qui est mortel aura revêtu l’immortalité, et ce qui est corruptible aura revêtu l’incorruptibilité. Les humains glorifiés peuvent voir Dieu non parce qu’ils cessent d’être humains, mais parce que leur humanité est transformée et rendue capable de vivre dans la présence de Dieu.

C’est justement le cœur de l’espérance chrétienne. Dieu ne sauve pas l’humain en l’arrachant à son humanité. Il le renouvelle et résidera avec lui.

L’Oxford Bible Commentary souligne que Dieu ne remplace pas simplement l’ancienne création par une autre ; il fait toutes choses nouvelles, et la nouvelle Jérusalem qui vient de Dieu « joint véritablement le ciel à la terre ».

11. Le problème d’une lecture à deux espérances

C’est ici que la doctrine des deux espérances pose problème.

Dans la lecture des Témoins de Jéhovah, les 144 000 ont une vocation céleste, tandis que la grande foule a une espérance terrestre. Les premiers règnent avec le Christ au ciel ; les seconds bénéficient de ce règne sur terre. Les premiers sont cohéritiers du Christ dans un sens particulier ; les seconds ne le sont pas au même titre.

Mais ce n’est pas ainsi que Paul présente les choses en 1 Corinthiens 15. Il ne dit pas que certains croyants reçoivent un corps spirituel pour vivre au ciel, tandis que d’autres restent dans une autre espérance. Il parle de « ceux qui appartiennent au Christ », il dit que « tous nous serons changés », et il affirme que « ce corps mortel doit revêtir l’immortalité ».

Le découpage entre une partie céleste transformée et une grande foule terrestre non concernée par cette transformation ne vient donc pas du raisonnement de Paul. Il vient d’un système doctrinal ajouté, qui prend comme unique point de départ un seul texte : Apocalypse 7.

Et cela crée une tension. Car si Dieu veut réconcilier toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre, comme le disent Colossiens 1:19-20 et Éphésiens 1:9-10, alors l’espérance finale n’est pas une séparation durable entre une humanité céleste et une humanité terrestre. Elle est la réunion du ciel et de la terre sous le règne de Dieu.

C’est aussi ce que dit Éphésiens :

« Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous. » — Éphésiens 4:4-6.

Le texte ne parle pas de deux espérances chrétiennes. Il parle d’une seule espérance à laquelle tous les croyants ont accès. Dans l'ensemble, le Nouveau Testament est simple à comprendre, quand on prend le temps de poser le contexte et les enjeux auxquels répond chaque passage.

Ajoutons également que ce que le Christ inaugure par sa mort et sa résurrection n’annule pas les promesses faites par Dieu dans l’Ancien Testament ; il en révèle plutôt le sens profond.

  1. Les justes posséderont bien la terre, comme l’annonçait déjà le Psaume 37 : « les humbles posséderont la terre » et « les justes posséderont la terre, et ils y résideront pour toujours » (Psaume 37:9-11, 29). La terre n’a pas été créée pour être abandonnée ou détruite définitivement, mais pour être habitée selon le dessein de Dieu (Isaïe 45:18).

  2. C’est précisément cette espérance que Jésus reprend lorsqu’il déclare : « Heureux les humbles, car ils hériteront de la terre » (Matthieu 5:5). Il ne remplace donc pas l’espérance biblique par une fuite vers le ciel ; il l’inscrit dans l’attente d’une création renouvelée, appelée ailleurs la « régénération » ou le renouvellement de toutes choses (Matthieu 19:28).

  3. Cette espérance s’accomplira lors du retour de notre Seigneur Jésus-Christ, venu des cieux pour transformer notre condition présente et rendre nos corps conformes à son corps glorieux (Philippiens 3:20-21 ; Romains 8:23).

  4. Paul affirme que Dieu a voulu, par le sang de la croix, « réconcilier toutes choses avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux » (Colossiens 1:19-20). De même, l’épître aux Éphésiens parle du dessein de Dieu consistant à « réunir toutes choses dans le Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Éphésiens 1:9-10).

  5. Paul parle au contraire d’un seul corps, d’un seul Esprit et d’une seule espérance : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre appel » (Éphésiens 4:4).

  6. Alors aura lieu la résurrection des morts et la transformation des vivants : ce qui est corruptible revêtira l’incorruptibilité, et ce qui est mortel revêtira l’immortalité (1 Corinthiens 15:51-54).

  7. L’espérance chrétienne n’est donc pas l’abandon de la création, mais sa libération et son renouvellement. C’est dans cette perspective que le Nouveau Testament parle de « nouveaux cieux et d’une nouvelle terre où la justice habitera » (Isaïe 65:17 ; 66:22 ; 2 Pierre 3:13 ; Apocalypse 21:1).

  8. Dans ce monde renouvelé, ceux qui appartiennent au Christ participeront à sa victoire et à son règne. Ils seront le peuple de Dieu réconcilié, restauré dans sa vocation première : représenter Dieu dans sa création, comme l’humanité y était appelée dès l’origine (Genèse 1:27-28). C’est pourquoi l’Apocalypse peut parler des rachetés comme d’un « royaume » et de « prêtres » pour Dieu, appelés à régner avec le Christ (Apocalypse 5:9-10).

  9. Cette vocation rejoint déjà l’appel adressé à Israël : être un « royaume de prêtres » et une nation consacrée à Dieu (Exode 19:6), vocation que le Nouveau Testament applique ensuite à l’ensemble du peuple de Dieu en Christ, à tous les chrétiens (1 Pierre 2:9).

  10. Ainsi, la résurrection ne concerne pas seulement le salut individuel des croyants. Elle s’inscrit dans un projet beaucoup plus vaste : la restauration de la création, la victoire sur la mort, la réunion définitive du peuple de Dieu avec le Christ, et la participation des saints à son règne et à son jugement (1 Corinthiens 6:2-3 ; Apocalypse 20:4).

C'est un nouveau monde dans lequel il n'y aura plus de frontière entre les domaines céleste et terrestre.

L’espérance chrétienne est celle d’un seul peuple racheté, réuni autour du Christ, participant à la nouvelle création et vivant pour toujours avec le Seigneur.

À retenir

Donc 1 Corinthiens 15 ne dit pas que les croyants abandonnent leur corps pour devenir des esprits célestes. Il dit que les morts ressuscitent, que les vivants sont changés, et que le corps mortel revêt l’immortalité.

Paul dit que ce corps mortel doit revêtir l’immortalité. Il parle de ceux qui appartiennent au Christ et affirme que tous seront changés ; il dit que la condition mortelle actuelle ne peut pas hériter du Royaume, et que c’est précisément pour cela qu’il faut être transformé.

Notre état biologique actuel n'est pas conforme et adapté à la vie éternelle ou sans fin, il nous faut donc vivre dans un monde non soumis au péché et à la mort et revêtir des corps transformés qui soient appropriés à la nouvelle création.

Voilà la différence.

La résurrection, chez Paul, n’est pas la fuite de l’âme hors du corps. Ce n’est pas non plus le remplacement du corps par une existence immatérielle. C’est la transformation de l’être humain par la puissance de Dieu. Le corps est semé corruptible, il ressuscite incorruptible. Il est semé faible, il ressuscite puissant. Il est semé corps naturel, il ressuscite corps spirituel. Il est mortel, il revêt l’immortalité.

Conclusion

1 Corinthiens 15 répond à une question fondamentale : que devient l’être humain dans la résurrection ? Il annonce la résurrection des morts et la transformation des vivants. Le corps actuel, mortel, corruptible et faible, ne peut pas hériter du Royaume tel qu’il est. Il doit être changé. Mais ce changement n’est pas une abolition du corps. C’est sa glorification.

C’est pourquoi Paul parle toujours d’un sōma, un corps. Un corps semé dans la corruption, relevé dans l’incorruptibilité. Un corps semé dans la faiblesse, relevé dans la puissance. Un corps naturel, relevé corps spirituel. Un corps mortel, revêtu d’immortalité.

Le mot “spirituel” ne signifie donc pas “immatériel”. Il signifie : animé par l’Esprit de Dieu, appartenant à l’ordre nouveau inauguré par le Christ ressuscité. Le cœur de 1 Corinthiens 15 n’est donc pas une séparation entre chrétiens célestes et chrétiens terrestres. Le cœur du chapitre, c’est la victoire du Christ sur la mort et la transformation de ceux qui lui appartiennent. Il annonce une seule espérance : appartenir au Christ, participer à sa résurrection, être transformé par l’Esprit, et entrer dans l’ordre définitif du Royaume de Dieu.

Dans le prochain article, il faudra maintenant aborder un texte plus difficile : Apocalypse 20. Que signifie la “première résurrection” ? Qui sont les justes et les injustes ? Et comment comprendre le jugement final dans le langage symbolique de l’Apocalypse ?

Sources

  • N. T. Wright, The Resurrection of the Son of God, Minneapolis, Fortress Press, 2003.

  • N. T. Wright, « Mind, Spirit, Soul and Body: All for One and One for All », 2011.

  • Anthony C. Thiselton, The First Epistle to the Corinthians, New International Greek Testament Commentary, Grand Rapids, Eerdmans, 2000.

  • Gordon D. Fee, The First Epistle to the Corinthians, New International Commentary on the New Testament, Grand Rapids, Eerdmans, 1987.

  • James D. G. Dunn, The Theology of Paul the Apostle, Grand Rapids, Eerdmans, 1998.

  • Richard B. Hays, First Corinthians, Interpretation, Louisville, John Knox Press, 1997.

  • David E. Garland, 1 Corinthians, Baker Exegetical Commentary on the New Testament, Grand Rapids, Baker Academic, 2003.

  • James P. Ware, « Jesus’s Resurrection and Ours according to Paul the Apostle », Houston Christian University, 2016.

  • Wayne Grudem, 1 Peter, Tyndale New Testament Commentaries, Leicester, InterVarsity Press, 1988.

Résurrection, Chrétiens oints, Épîtres, Témoins de Jéhovah, Vie éternelle, Immortalité, Exégèse, 144 000